12 août 2009

The Idiot

- du whisky?
- juste un doigt
- cochonne...
Je ne l'avais jamais croisée auparavant, elle avait dû vaguement baiser avec Charles, s'appelait Laurie quelque chose, et Laurie quelque chose s'efforçait de rire à ma vanne débile pendant que je versais un doigt sur ses glaçons. Elle était indiscutablement mettable, genre mannequin, un mannequin qui aurait des seins.
Un type au look dandy rock nous avait ensuite rejoint, ils étaient arrivés ensemble ce soir là, probablement un couple. Son coefficient masticatoire était digne d'un junkie, ce qu'il était d'ailleurs. Je n'avais jamais vu autant de cavités carieuses dans une seule bouche, l'héro en était la cause et je me rappelle avoir songé à ma brosse à dents.
Au fil de nos interactions verbales - se portant successivement sur Raymond Carver, le concert désastreux des Teenagers, l'overdose de Dash Snow et le calcul du quotient sexuel - les répliques de mes interlocuteurs furent de plus en plus brèves, jusqu'à devenir monosyllabiques, leurs sourcils se froncèrent et leur bouche dessina une moue sceptique.
Il était une heure dix du matin, ce mardi du mois d'août 200ç, et je venais de comprendre à cet instant qu'ils me prenaient pour un horrible con.
Ils n'avaient pas tort.

10 août 2009

Fade Away

12 juil. 2009

Première Nuit

Glisse l'album de John & Jehn dans le lecteur de la chaîne stéréo puis vais m'asseoir aux côtés d'Aleksandra. Elle a coupé le son de la télévision et nous regardons les images défilées sur l'écran. Nouvelle collection de Gabrielle Strehle, de Wolfgang Joop, Barack Obama au Ghana, Michael Jackson noir, séisme dans le Yunnan, Wall Street se replie, Michael Jackson blanc, Michael Jackson mort.
Je détourne les yeux de la télévision et regarde la table du salon. Une fiole de coke vide se trouve entre un cendrier remplit à ras bord et une pile de magazines de mode. Il y a aussi des paquets de cigarettes, des boites d'allumettes, des dessins, une bouteille de Château-Figeac 2008 et un sachet de downers genre Librium, Valium, Seconal. J'attrape le plastique, fais glisser les cachets dans ma main et les pose sur la table. Divise le tas de médicaments en deux parts égales pendant qu'Aleksandra verse le vin dans des verres. Elle saisit ensuite ses downers, se les enfile comme des cacahuètes et les images défilent toujours. Mission Apollo 11, des nudistes vieux, attentats dans le sud de l'Afghanistan, la météo, vingt-neuf degrés à Beyrouth.
Je bois tranquillement mon verre et Aleksandra me dit qu'elle a foutrement envie de me baiser. Elle se lève, danse sur "Survive", tente de m'exciter. Je lui réponds que je préfère ranger les dernières caisses de l'emménagement, que je la rejoindrai ensuite dans la chambre. Passablement énervée, Aleksandra me saute dessus et s'agrippe à mes épaules, me fout une gifle puis enfonce aussitôt sa langue dans ma bouche. J'harponne ses hanches de mes mains et la rapproche brutalement de moi. Ses seins sont pressés contre mon torse et nous nous embrassons encore, mes mains glissent vers ses fesses, je les caresse délicatement, de bas en haut, puis ma main droite descend encore un peu et mon majeur tripote sa fente au travers de son jean. Elle ferme les yeux et se laisse faire, alors j'approche mes lèvres de son oreille et lui chuchote que je vais me dépêcher. Elle acquiesce sans broncher et file immédiatement dans notre chambre.
Vote au Congo, Dick Cheney, des bolides qui tournent sur un circuit, marche anti-avortement au Cameroun, playback de Madonna et je sors mes livres des caisses pour les ranger soigneusement dans la bibliothèque du salon.
Lorsque j'ai terminé, je me dirige vers la table, attrape un paquet de red apple, m'en allume une, éteins la chaîne stéréo, la télévision et vais rejoindre Aleksandra.
Allongée sur le lit, nue, elle s'est endormie la main droite posée sur son sexe. Je reste debout devant elle et la regarde en cramant ma cigarette. Elle est belle, terriblement belle. Je pourrais presque en tomber amoureux.
Après quelques secondes, je m'échappe de ma rêverie, la couvre pour éviter qu'elle n'ait froid, écrase ma red apple dans le cendrier et cherche ma boite de Valium dans les tiroirs de la table de nuit. Je la trouve, ingurgite une pilule, puis une deuxième, puis une troisième. Enlève mon tee, mon skinny, mon caleçon, éteins les bougies et me couche sur le lit.
Je ferme les yeux.

8 juil. 2009

Rock Is Dead

10.09pm. Mon paquet de red apple est presque vide et je monte sur la scène d'un bar downtown. Regarde le public, puis Aleksandra. Elle porte un short en cuir Maurice & Eve, un top blanc, une chemise à carreaux April 77 et une paire de Dr Martens. Je la préfère sans vêtements.
M'approche du bord de la scène, finis ma bière, balance le gobelet et notre guitariste joue les premiers accords de "La Chanson de Slogan" de Gainsbourg. Le reste du groupe suit aussitôt la rythmique, tandis qu'Aleksandra me rejoint derrière les micros et se met à chanter. Je coince deux cigarettes entre mes lèvres, les allume, lui en donne une, puis c'est à mon tour.
Nous chantons pour la première fois ensemble, mais dés le premier titre, le duo est okay, déjà complice.
Un jeu plein de charme et de brutalité s'installe entre nous. Je la fixe d'un regard froid et avide, elle me répond en masturbant de la paume le trépied de son micro. Le public apprécie, danse, siffle, chahute et les morceaux s'enchaînent sans temps morts: "Kissy Kissy" des Kills, "Hallucinations" des Raveonettes, "Kurious Oranj" de The Fall, "No Love Lost" de Joy Division. Le son est de plus en plus tranchant, la sueur commence à perler sur les fronts, ma tête tourne et mon corps en redemande. Le public aussi. Alors nous décidons de prolonger la jam session avec deux morceaux genre moog rock très punchy et clôturons enfin, plus calmement, avec "Will There Be Enough Water?" des Dead Weather.
Le public applaudit et tout et tout, je descends de la scène, vais m'accouder directement au comptoir, et ingurgite des litres de bière jusque la fin de la soirée avec le reste du groupe et des pseudos groupies de dix huit, vingt ans.

03.08am. Aleksandra me demande si je suis d'accord pour embarquer l'une des ces petites garces pour une partie à trois. Je ne dis pas non.

04.42am. Elle a choisi une jolie blonde, yeux bleus, dents blanches, look post punk. Je pense qu'elle s'appelle Julie et nous déshabillons Julie en montant les escaliers qui mènent à l'appartement. Aleksandra ouvre la porte et je me dirige aussitôt vers la cuisine. Attrape un Ducru Beaucaillou 2002, retourne au salon, m'assois aux côtés de Julie et ouvre la bouteille en lui demandant si le port d'un préservatif est indispensable. Elle me répond que non et je suis soulagé.
Sers un verre à chacun et explique à Julie que le Beaucaillou est considéré par beaucoup comme la quintessence du bordeaux pendant qu'Aleksandra est déjà en train de lui bouffer la chatte.

4 juil. 2009

20L07

1 juil. 2009

Alprazolam

Réveil après un rêve complètement barge. Il est cinq heure ou six heure ou peut-être même sept heure. Peu importe. Aleksandra, nue, dort à côté de moi et je roule un joint coupé au Xanax avec l'espoir de pouvoir me rendormir encore quelques heures.
Je tire une, deux, trois, quatre, cinq, six taffes, bois un verre de lait un peu trop chaud, achève le joint d'une seule traite, l'écrase dans le cendrier. Je m'allonge ensuite sur le lit, ferme les yeux. Le besoin est satisfait et l'ennui succède au manque. Alors je pense à Élisabeth, à son cul, ses seins, son ventre et ma bite ne s'érige pas, tellement je suis déchiré.

29 juin 2009

Summertime

Prends un melon, le coupe et pose les quartiers sur le plat. Aperçois du sang sur le fruit puis sur le couteau puis sur mes doigts. Ils sont ouverts mais je ne ressens rien. Attrape une serviette, la serre contre les blessures, lèche la lame du couteau.
Sors de la cuisine, traverse le salon et me dirige vers le jardin. Une vingtaine de jeunes cools, complètement dopés à la coke, soigne leur bronzage au bord de la piscine. Certains parlent de la mort du roi de la pop, la majorité n'en à rien à foutre.
Je tente de me concentrer puis décide de rejoindre Aleksandra, lui propose un quartier de melon fraichement ensanglanté, elle l'accepte. Nous mangeons.
Elle est complètement schlass et je lui dis qu'elle est la première dans mon cœur, et par conséquent, la dernière que j'aurais dû rencontrer. Elle me répond un "va te faire foutre", mais je lui plais, comme à toutes les autres. Alors nous nous enlaçons, embrassons tout ça, et mes caresses laissent une trainée rouge sur son corps de déesse et de chienne.