
Glisse l'album de John & Jehn dans le lecteur de la chaîne stéréo puis vais m'asseoir aux côtés d'Aleksandra. Elle a coupé le son de la télévision et nous regardons les images défilées sur l'écran. Nouvelle collection de Gabrielle Strehle, de Wolfgang Joop, Barack Obama au Ghana, Michael Jackson noir, séisme dans le Yunnan, Wall Street se replie, Michael Jackson blanc, Michael Jackson mort.
Je détourne les yeux de la télévision et regarde la table du salon. Une fiole de coke vide se trouve entre un cendrier remplit à ras bord et une pile de magazines de mode. Il y a aussi des paquets de cigarettes, des boites d'allumettes, des dessins, une bouteille de Château-Figeac 2008 et un sachet de downers genre Librium, Valium, Seconal. J'attrape le plastique, fais glisser les cachets dans ma main et les pose sur la table. Divise le tas de médicaments en deux parts égales pendant qu'Aleksandra verse le vin dans des verres. Elle saisit ensuite ses downers, se les enfile comme des cacahuètes et les images défilent toujours. Mission Apollo 11, des nudistes vieux, attentats dans le sud de l'Afghanistan, la météo, vingt-neuf degrés à Beyrouth.
Je bois tranquillement mon verre et Aleksandra me dit qu'elle a foutrement envie de me baiser. Elle se lève, danse sur
"Survive", tente de m'exciter. Je lui réponds que je préfère ranger les dernières caisses de l'emménagement, que je la rejoindrai ensuite dans la chambre. Passablement énervée, Aleksandra me saute dessus et s'agrippe à mes épaules, me fout une gifle puis enfonce aussitôt sa langue dans ma bouche. J'harponne ses hanches de mes mains et la rapproche brutalement de moi. Ses seins sont pressés contre mon torse et nous nous embrassons encore, mes mains glissent vers ses fesses, je les caresse délicatement, de bas en haut, puis ma main droite descend encore un peu et mon majeur tripote sa fente au travers de son jean. Elle ferme les yeux et se laisse faire, alors j'approche mes lèvres de son oreille et lui chuchote que je vais me dépêcher. Elle acquiesce sans broncher et file immédiatement dans notre chambre.
Vote au Congo, Dick Cheney, des bolides qui tournent sur un circuit, marche anti-avortement au Cameroun, playback de Madonna et je sors mes livres des caisses pour les ranger soigneusement dans la bibliothèque du salon.
Lorsque j'ai terminé, je me dirige vers la table, attrape un paquet de red apple, m'en allume une, éteins la chaîne stéréo, la télévision et vais rejoindre Aleksandra.
Allongée sur le lit, nue, elle s'est endormie la main droite posée sur son sexe. Je reste debout devant elle et la regarde en cramant ma cigarette. Elle est belle, terriblement belle. Je pourrais presque en tomber amoureux.
Après quelques secondes, je m'échappe de ma rêverie, la couvre pour éviter qu'elle n'ait froid, écrase ma red apple dans le cendrier et cherche ma boite de Valium dans les tiroirs de la table de nuit. Je la trouve, ingurgite une pilule, puis une deuxième, puis une troisième. Enlève mon tee, mon skinny, mon caleçon, éteins les bougies et me couche sur le lit.
Je ferme les yeux.